Promenades

Le Jardin des Plantes : un jardin de médecine devenu un muséum

Créé en 1635 pour cultiver des plantes médicinales, devenu le plus ancien zoo du monde encore en activité et l'un des plus beaux musées de Paris.

Vingt-huit hectares entre la Seine et la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, à dix minutes de la rue Mouffetard. On y entre pour s'asseoir et l'on en ressort trois heures plus tard, parce que c'est un jardin, un zoo, quatre musées et une école en même temps.

Un jardin pour soigner

En 1635, Louis XIII signe l'édit créant le Jardin royal des plantes médicinales. Il ne s'agit pas de promenade : il s'agit de cultiver, d'étudier et d'enseigner les plantes qui servent à faire des remèdes. Les cours y sont publics, gratuits et donnés en français et non en latin, ce qui scandalise la faculté de médecine.

Le jardin prend son ampleur au XVIIIᵉ siècle sous l'intendance de Buffon, naturaliste et administrateur, qui le dirige pendant près de cinquante ans. Il l'agrandit jusqu'à la Seine, y fait planter des arbres venus du monde entier, construit le labyrinthe, et publie son Histoire naturelle, trente-six volumes qui feront de l'histoire naturelle une lecture de salon.

En 1793, la Convention transforme l'institution en Muséum national d'histoire naturelle. C'est l'une des rares créations révolutionnaires encore debout sous sa forme d'origine.

La ménagerie, née d'une confiscation

La même année 1793, les ménageries privées sont confisquées, à commencer par celle de Versailles. Les animaux du roi arrivent à pied ou en charrette jusqu'au Jardin des Plantes. Il faut les loger : c'est la naissance de la ménagerie, le plus ancien parc zoologique du monde encore en activité.

Son animal le plus célèbre arrive en 1827. Une girafe, cadeau du vice-roi d'Égypte à Charles X, débarque à Marseille et monte à Paris à pied, en quarante et un jours, escortée par le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire. Son passage soulève des foules dans chaque village. À Paris, des dizaines de milliers de personnes viennent la voir. On lui doit une mode de coiffures, de robes et de papiers peints.

La ménagerie est aujourd'hui petite et ancienne, et elle l'assume : elle s'est spécialisée dans les espèces menacées de petite taille, et ses bâtiments du XIXᵉ siècle, dont la rotonde en forme de croix de la Légion d'honneur, sont classés.

La Grande Galerie de l'Évolution

Construite en 1889 pour l'Exposition universelle comme galerie de zoologie, elle ferme en 1965, faute d'entretien, et reste à l'abandon pendant près de trente ans. La verrière fuit, les animaux naturalisés pourrissent. Elle rouvre en 1994 après une restauration qui a fait école.

Le parti pris est spectaculaire. Au lieu de vitrines alignées, une nef de trente mètres de haut sous verrière, et au centre une caravane d'animaux africains grandeur nature qui traverse la salle en file, éléphants en tête. La lumière change au fil de la visite pour simuler le passage du jour à la nuit.

À l'étage, la salle des espèces disparues et menacées, plus sombre et plus silencieuse, qui contient notamment des spécimens d'espèces dont il ne reste rien d'autre au monde. C'est la partie la plus forte du musée, et la moins gaie.

Avec des enfants, c'est l'endroit à viser dans tout le quartier, surtout par mauvais temps. Compter deux heures.

Ce qu'il faut voir dans le jardin lui-même

  • Le cèdre du Liban, planté en 1734 par Bernard de Jussieu. La légende veut qu'il l'ait rapporté d'Angleterre dans son chapeau, après avoir cassé le pot ; il venait en réalité de Kew. Il est toujours là.
  • Les grandes serres, dont le jardin d'hiver Art déco des années 1930 et la serre mexicaine, qui abritent une forêt tropicale et des plantes désertiques.
  • L'école de botanique, où quelque quatre mille espèces sont rangées par famille, sur des plates-bandes étiquetées. C'est austère et c'est fascinant.
  • Le labyrinthe et sa gloriette de Buffon au sommet, l'une des plus anciennes structures métalliques de Paris.
  • La galerie de Paléontologie, restée dans son jus de 1898 : des squelettes par centaines, alignés comme un troupeau en marche, dans une salle que personne n'a modernisée. Beaucoup la préfèrent à la Grande Galerie.

S'y repérer

Le jardin est gratuit et ouvert tous les jours. Les galeries, la ménagerie et les serres sont payantes et ont chacune leurs horaires et leurs jours de fermeture : vérifiez avant de venir, surtout le mardi.

Quatre entrées : place Valhubert côté Seine, rue Buffon, rue Geoffroy-Saint-Hilaire et rue Cuvier. L'entrée de la place Valhubert donne la plus belle perspective, avec la grande allée qui monte droit vers la Grande Galerie.

Juste en face de l'entrée rue Geoffroy-Saint-Hilaire, la Grande Mosquée de Paris et son salon de thé.

Questions fréquentes

Le Jardin des Plantes est-il gratuit ?

Le jardin lui-même, oui, tous les jours. La Grande Galerie de l'Évolution, les autres galeries, la ménagerie et les grandes serres sont payantes séparément.

Quel est le plus ancien zoo du monde ?

La ménagerie du Jardin des Plantes, ouverte en 1793 à partir des animaux confisqués aux ménageries privées, est le plus ancien parc zoologique encore en activité.

Que voir avec des enfants ?

La Grande Galerie de l'Évolution et sa caravane d'animaux, la galerie de Paléontologie et ses squelettes, et la ménagerie. Compter une demi-journée pour les trois.

Quel est l'arbre le plus ancien du jardin ?

Le cèdre du Liban planté en 1734 par Bernard de Jussieu, toujours en place dans le labyrinthe.

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